Archive | janvier, 2014

L’Empereur-Océan : Tome 1, La Horde, une BD signée Baranko

31 Jan

Alors des fois, je ne sais pas trop pourquoi je prends une BD, je ne peux pas expliquer ce qui motive ma lecture. Et c’est le cas pour celle-ci. Très étrange choix que celui qui m’a poussé à lire L’Empereur-Océan de Baranko, un ouvrage de science-fiction un peu bizarre. Cette bande dessinée, éditée par Les Humanoïdes Associés, nous transporte dans une Russie des années 2050 où la guerre et le paranormal semblent se lier plus qu’on ne l’imaginerait.

l'empereur océan

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Je vous laisse avec un résumé de l’histoire afin de vous permettre de savoir de quoi il s’agit :

« Année 2050 : le XXIe siècle n’a pas tenu ses promesses de fraternité universelle : le monde est plus divisé que jamais, rongé par de multiples conflits . L’Europe n’est pas épargnée par ce mal qui poursuit l’humanité : un nouveau rideau de Fer divise le continent entre l’Ouest, sous la houlette de l’Otan, et les immenses territoires de l’ex URSS. La Pologne est le dernier rempart occidental enccore actif face à la poussée des agresseurs de l’Est.

L’état russe est sous la coupe d’une dictature féroce dirigée par Ivan Apelsinov. Ivre de pouvoir, il n’a qu’une idée en tête : reconstruire un empire qui s’étendrait du pacifique à l’océan atlantique. Cet admirateur forcené de Ghengis Khan a pour cela un plan démoniaque. Les longues études qu’il a mené dans le domaine du mysticisme l’ont persuadé qu’il est possible de ressusciter l’esprit du Grand chef barbare et de refonder ainsi sa horde.

Mais avant de fondre sur l’Europe de l’Ouest, Ivan Apelsinov va trouver sur sa route les moines Bouddhistes de la république de Tuva. Séparatistes convaincus, leurs actions viendront entraver la volonté hégémonique du dictateur Russe. Un autre obstacle se dressera contre lui, et pas des moindres: le Dernier Tchétchène, rescapé mystique d’un holocauste nucléaire. »

Voilà, vous attendez mon avis n’est-ce pas ? Aussi étrange puisse-t’il paraître, j’ai dévoré cette bande dessinée. Le dessin est en parfaite adéquation avec le fond. Je m’explique : le côté un peu sordide et horrible de la représentation humaine correspond à ce que l’on voit du dirigeant Russe et de son aspect inhumain et égocentrique. Dans un contexte actuel où la religion est source de conflits, cette BD prend tout son sens.
La série comporte 3 tomes et est finie. De quoi se faire plaisir sans prendre en cours une série de 15 tomes.
Bonne découverte !

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La licorne, M. Gabella et A. Jean

30 Jan

J’ai débuté une nouvelle série BD : La licorne et je vais vous présenter le Tome 1 (sur les quatre) qui s’intitule Le Dernier Temple d’Asclépios. Cette BD de M. Gabella et A. Jean nous dévoile un univers sombre et complexe.

Première de  couverture du tome 1

Première de couverture du tome 1

Si vous voulez en savoir plus sur le scénariste, allez faire un tour sur son blog.
De même pour l’illustrateur : le blog.

Le synopsis en quelques lignes :
« 1565. Plusieurs anatomistes réputés meurent dans des conditions étranges. À Paris, Ambroise Paré, chirurgien du roi en bute aux médecins de la Faculté – qui voient en lui un rustre parvenu – constate le décès de l’un d’eux. En enquêtant, il croise d’inquiétantes créatures et découvre que certaines recherches – que le pouvoir et l’Église cherchent à étouffer – sont en jeu…« 

Une fois le tome 1 terminé, je souffle. J’ai l’impression que durant les 46 pages de la BD j’ai oublié de respirer, tellement j’ai été happée dans cette intrigue difficile à comprendre au début et qui prend tout son sens à la fin. Toutefois pas de crainte à avoir, le final ne résout absolument pas l’intrigue qui, au contraire, se noue de plus en plus. Je pense que la facilité de compréhension s’explique par le rassemblement des personnages à ce moment là. Alors qu’au départ ils sont éparpillés et qu’il ne semble y avoir aucun lien entre eux. Tout ceci est bien évidemment faux, nous ne connaissons juste pas cet univers et il faut le temps de se l’approprier.
Au niveau des graphismes, ils sont beaux, véritablement travaillés. J’ai notamment apprécié la qualité des décors. En somme, nous avons là un travail de qualité et une histoire qui ouvre sur un univers étonnant.

Venez changer le cours de l’histoire aux côtés d’Ambroise Paré !

Un ouvrage que je vais relire avant d’enchaîner avec le tome 2 (lors de mon prochain séjour à la bibliothèque municipale).

La Page Blanche, Pénélope Bagieu

29 Jan

Je vous avez déjà parlé de mon goût pour Pénélope Bagieu lors de la sortie de « Joséphine » au cinéma. Mais Joséphine n’est pas tout, Pénélope c’est aussi un blog BD et d’autres ouvrages tous aussi géniaux les uns que les autres. Lequel pour aujourd’hui ? La page blanche ! Non, je ne suis pas atteinte de ce syndrome, c’est le titre de la BD ! Avec Boulet (auteur du blog BD trop cool que tu trouveras si tu cliques ici) en copilote, ce duo de choc signe une BD pleine de franchise, de doute, de joie, avec des scènes cocasses et finalement un regard sur ce que l’on est : peu de chose (si l’on ne se donne pas les moyens d’être quelqu’un).

La page est blanche mais la couverture est rouge.

La page est blanche mais la couverture est rouge.

Le titre de cette BD fait écho à un malaise très connu des écrivains, la page blanche. C’est le moment où l’inspiration semble quitter l’écrivain, le laissant en proie à des inquiétudes profondes aboutissant le plus souvent à un égocentrisme fou. En effet, lors de ces crises d’angoisses, plutôt que de s’ouvrir, l’écrivain se tourne vers son nombril pour tenter de dénouer les liens qui le retiennent prisonnier. La dépression le guettant, il finit par ne plus croire en lui et abandonne ses idées …

Bon revenons à notre propos, cette digression ne menant pas au discours que je voulais tenir à la base, puisque l’on a ici une oeuvre et que Boulet tout comme P. Bagieu ne sont (semblent ?) pas dépressifs du tout !

Qu’est ce que l’histoire raconte ? Je vous laisse le découvrir :

« Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni de son nom ni de ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de recouvrer la mémoire et de retrouver son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l’existence banale d’une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu’un après avoir été quelconque ? »

Une jolie quête d’initiation à la vie. Une BD poétique, des mots justes et le dessin de Pénélope qui est juste génial. Un petit bout de bonheur. Et vous savez quoi ? J’ai aimé parce que la fille est libraire, que ça parle de ce boulot en le décrivant plutôt bien et que moi – attention, grande révélation – j’aime les livres ! Je vous laisse lire cette pépite qui nous offre une déambulation dans Paris aux côtés du personnage principal. Une leçon de vie, une belle façon de dire aux gens : soyez ce que vous voulez être !

Pour en savoir plus (et lire le chapitre 1) voilà le site de la BD.

Sky Doll, Alessandro Barbucci et Babara Canepa

28 Jan

Alors je mets à jour mon challenge BD. Je n’oublie pas que je dois toujours vous faire mon article sur Maliki, mais j’attends de vous préparer un contenu à vous couper le souffle et le moment parfait pour le publier (comme les 10 ans de Maliki, au hasard) !

1 ~ Trois ombres de Cyril Pedrosa
2 ~ Série – Maus de Art Spiegelman
3 ~ Série – Princesse Sara de diamants de Audrey Alwett
4 ~ Série – Freaks’ Squeele de Florent Maudoux
5 ~ Série – Pico Bogue de Dominique Roques
6 ~ Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh
7 ~ Série – Sambre de Bernard Yslaire
8 ~ Série – Maliki de lune de Maliki
9 ~ Série – Blacksad de Juan Diaz Canales
10 ~ Série – Lou de Julien Neel
11 ~ Série – La Quête d’Ewilan de Lylian
12 ~ Série – Le Combat ordinaire de Manu Larcenet
13 ~ Série – Simon’s Cat de chat de Simon Tofield
14 ~ Série – Peter Pan de Régis Loisel
15 ~ Série – Astérix de René Goscinny
16 ~ Série – Persepolis de Marjane Satrapi
17 ~ La Célibataire de India Desjardins
18 ~ Série – Sky Doll de Alessandro Barbucci
19 ~ Série – Le retour à la terre de Manu Larcenet
20 ~ Série – Magasin générall de Régis Loisel

–> plus que 13/20

JOKERS
1 ~ Série – Mamette de Nob
2 ~ Série – Elinor Jones de Algésiras
3 ~ Série – De cape et de crocs de Alain Ayroles
4 ~ Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle
5 ~ J’aurais adoré être ethnologue de Margaux Motin


Bravo à toi qui as remarqué le nouveau titre barré de la liste ! Il s’agit bien sûr du sujet du jour : Sky Doll d’Alessandro Barbucci et Babara Canepa.

skydoll

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Il y avait fort longtemps que cette BD de science-fiction très colorée, publiée aux éditions Soleil me faisait de l’oeil. La lire est chose faite et ce n’est pas pour me déplaire ! C’est un véritable chez d’oeuvre, et un coup de coeur personnel. J’ai véritablement adoré l’histoire, les personnages et le dessin.

Bon je vous dis de quoi ça parle ?

 

Couverture du tome 1

Couverture du tome 1

« Dieu est mort. Son corps gît dans son bureau de l’Heaven Spaceshisp Wash, un astrolavage parmi tant d’autres sur la planète Papathéa. Mais quel est le lien entre le créateur de l’univers et cette poupée synthétique conçue pour le plaisir des sens, en cavale de planète en planète ? Pourquoi semble-t-elle toujours en proie à une avalanche d’événements désastreux tels des électrons gravitant autour du noyau d’un atome ? Peut-être que la papesse sait ou pressent quelque chose. Peut-être ce secret est-il gardé par les mystérieux habitants de la ville blanche. Peut-être, tout simplement, que personne ne sait rien. Sans doute, lorsque la vérité éclatera au grand jour, sera-t-il trop tard. Pour tous. »

Si aujourd’hui seulement trois tomes et des hors séries sont sortis, un quatrième tome est prévu ! L’histoire est sympa mais c’est surtout les dessins qui m’ont transportée ! Un style unique, une coloration à couper le souffle de par sa beauté. Noa, une Sky Doll (pas comme les autres) est magnifique tant par son identité que par sa représentation graphique. Le monde dans lequel elle évolue, entre fanatisme religieux et matraquage médiatique me fait penser à un univers moins fictionnel que celui de la BD… Le notre ! Noa, qui rêve et pense, n’est finalement qu’une transposition des hommes capables de se détacher de préconçus pour se forger leur propres convictions.

Une histoire plus profonde qu’elle ne semble vouloir le montrer par son côté funky et amusant. Un univers à découvrir de toute urgence si ce n’est pas déjà fait. Comment ai-je pu attendre aussi longtemps avant de m’y mettre ? Je ne ferais marche arrière pour rien au monde.

noa skydoll

Noa

Et vous, vous ferez vous votre propre avis sur la BD par vous même ? Etes vous une Noa dans l’âme ?

Black Sad : Tome 5, Amarillo de Juan Diaz Canales et Juan Guarnido

27 Jan

Vous attendiez cette critique depuis quelques temps … Moi j’ai attendu cette bande dessinée 3 ans.

Alors on est quitte, n’est-ce pas ?

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Oui, aujourd’hui je vais vous parler avec coeur et amour du tome 5 de Blacksad : Amarillo ! Sorti en novembre 2013 chez Dargaud, cette bande dessinée a rejoint les 4 premiers tomes dans ma bibliothèque.

Nous voilà de nouveau en compagnie de ce sublime chat détective et de son ami journaliste Weekly (c’est mon personnage fétiche donc je lui fais un peu de publicité).

Le rapide résumé de l’histoire :

Une couverture colorée, comme le reste de la BD

Une couverture colorée, comme le reste de la BD

« Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place. Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé ! John accepte, mais, dans une station-service, il se fait voler la voiture par Chad Lowell et Abe Greenberg deux écrivains beatniks qui cherchent à rejoindre Amarillo, au Texas. Bientôt, une querelle entre les deux hommes, rivaux, vire au drame : Chad, poussé à bout, tire sur Abe qui meurt sur le coup. Obligé de fuir, Chad trouve refuge dans un cirque. John se lance à sa poursuite sur les routes américaines du Nouveau-Mexique, du Colorado, du Texas et de l’Illinois.« 

Que dire pour ne pas tout raconter, sans en expliquer assez ? Je meurs d’envie de vous en parler en long, en large et en travers. Mais je vais me restreindre à ce que vous devez savoir !

Quelle joie de retrouver cet univers qui nous avait manqué durant ces années. Quelle joie de savoir qu’un tome 6 est en préparation. Et quelle joie de parcourir les pages avec ces graphismes si typiques à Juanjo Guarnido. Les jeux de couleurs oscillant entre jaune et rouge, le road trip et l’univers de l’écrivain angoissé – que je vous faisais partager via Uchronia déjà – n’ont fait que confirmer mon admiration devant le talent de l’auteur et du dessinateur de cette BD.
Ici John semble moins sûr de lui et donne à cette affaire policière un aspect très différent de celui des tomes précédents.

En fin de compte, nous sommes avec une BD qui place la barre très haute et qui satisfait son lectorat en le laissant sur l’envie de plus, toujours plus. Vivement la suite ! Pour attendre durant cette longue période de frustration, je pense que je vais me pencher sur une nouvelle forme « d’animalisation de l’homme » dans la BD avec Les Enfants du Capitaine Grant qui est une adaptation de l’oeuvre de Jules Verne par Alexis Nesme. L’objet livre est beau et les dessins que j’ai rapidement vus me parraissent sympa. Si certains l’ont lu, des avis sur la question ?

Vous l’aurez compris, j’ai dévoré, d’une seule traite, ce nouveau tome de Blacksad. Je l’ai sûrement lu trop vite d’ailleurs. J’aurais dû le déguster, car maintenant l’attente va être longue, de nouveau. Mais je pourrais le re-re-re-re-relire. Et vous, vous en avez pensé quoi de ces nouveaux personnages ? De cet univers ? Du tome 5, en fait ? J’aimerais savoir afin de partager au mieux cette passion pour Blacksad avec vous.

Frankenstein, Meritxell Ribas Puigmal

26 Jan

Quoi ? Encore du Frankenstein ?!?

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Non ce n’est pas devenu une passion soudaine mais je travaille dessus et pour approfondir le sujet j’ai décidé de chercher toutes les formes d’adaptations littéraires de ce mythe. Car nous pouvons le dire, ce roman est devenu mythique. Puis une chose, plus on se renseigne sur un même sujet plus on s’aperçoit à quel point il est vaste et riche. C’est le cas pour Frankenstein – qu’il me plait de surnommer Franky – puisque l’oeuvre a été décliné en manga, en BD, en comics, en films, en dessins animés … Un sujet qui n’en finit pas de séduire, de foisonner et de plaire ! J’en suis la première ravie.

-> Je ne vous remets pas de résumé de l’histoire, pour plus d’informations je vous renvoie à mon article précédent sur Frankenstein.

Je vous faisais part la dernière fois de mon malaise avec le dessin d’une adaptation bande dessinée du roman. Je pensais ne pas trouver de représentation graphique à mon goût quand – Ô monde étrange – j’ai trouvé, dans une boutique « tout à 2€« , une BD laissée pour compte. Je l’ai feuilletée car la couverture m’a sauté aux yeux. Subjuguée par la qualité du dessin, j’ai admiré les talents de cet espagnol par la justesse de sa bande dessinée. Voilà une adaptation originale, unique en son genre et tellement belle ! Les dessins me font penser à du bois, la créature de Victor Frankenstein n’est pas représentée de façon habituelle mais bel et bien comme Mary Shelley nous la décrit dans le livre. Pour cela Meritxell Ribas Puigmal n’use pas de dessins monstrueux mais joue sur le noir et le blanc – uniques couleurs qui composent ce chef d’oeuvre graphique – et accentue le sombre quand la créature est là. Le style poétique et gracieux qui émane de ce livre nous transporte dans un univers proche de celui de M. Malzieu dans la Mécanique du coeur.
Je ne saurais que trop vous conseiller de regarder les magnifiques dessins de Meritxell Ribas Puigmal !

Un bel exemple de ses illustrations.

Un bel exemple de ses illustrations.

Et n’hésitez pas à me laisser vos avis en commentaire, pour que je sache si vous êtes nombreux à avoir aussi apprécié cette oeuvre et ses graphismes.

Festival « Le Goût des Autres » (2)

25 Jan

Bienvenue sur 3615MYLIFE : ce week-end est pour moi l’occasion d’être libraire bénévole au festival littéraire du Havre (76) « Le Goût des Autres« . Cette année le thème est « LA GUERRE ET LES LITTÉRATURES DE LA RÉCONCILIATION« .

L'affiche du festival

L’affiche du festival

Pour plus d’info le site du festival pourra vous être utile.

Je vous propose donc ici la critique de quatre des BD qui seront en vente sur le stand de la libraire ! En passant, venez nombreux me faire un petit coucou, je vous attends.

La littérature bande-dessinée sur le conflit 14-18 :

  • Putain de guerre, Tardi
La couverture de Tardi

La couverture de Tardi

Quand on parle de guerre, c’est l’auteur qui nous vient tout de suite en tête. Souvent étudié en classe, connu de nom, et pas toujours vraiment lu, j’aimerais revenir sur ce classique.
Putain de Guerre est majoritairement en bleu et blanc avec cependant des tâches de couleurs, des éléments mis en avant par une coloration très vive. Ce choix fait ressentir au lecteur un certain malaise face à un paysage détruit, en guerre, où il nous semblerait presque ne pas bien voir à cause des bombes et des conflits armés.
La fin de la BD avec la présentation de soldats « types » à la première personne du singulier rend l’ouvrage plus touchant et plus rempli de « vrai ». On s’y croirait, face à ces mutilés de guerre, face à cet homme qui revient du combat et qui a tout perdu, face à ces morts dont il ne reste rien, pas même le souvenir …
La mise en relation d’un soldat français avec « un » soldat allemand qui peut être n’importe lequel (on sait juste qu’il a aidé un soldat français à un moment) humanise les deux camps et montre le côté horrible de la guerre, et ce pour tout le monde. Ce n’est pas aux soldats qu’il faut en vouloir : la guerre vient d’en haut, du pouvoir, pas des petites gens qui se retrouvent dans les tranchés.

Je vous laisse avec la présentation de l’album par son éditeur

« Tardi renoue avec la mémoire de 14-18 à travers son nouveau projet : une évocation en bande dessinée du premier conflit mondial, et de la place qu’y ont occupée, au quotidien, les hommes qui s’y sont affrontés et entre tués. Un récit de fiction, mais où le souci de véracité et la rigueur de la reconstitution historique occupent une place primordiale. Ce nouveau projet, dans la forme, reprend le découpage en 3 strips par page déjà utilisé dans l’album. C’était la guerre des tranchées. Le récit débute en couleurs, mais, au fil de sa progression chronologique, et à mesure que la guerre s’enkyste, s’étend et s’approfondit, adopte les tonalités de plus en plus monochromes de la boue et de la grisaille. Avant d’être proposé en librairie en album, fin octobre, ce nouveau grand récit de Tardi fait l’objet d’une publication sous la forme d’un journal grand format, à raison de trois numéros de vingt pages chacun. Chaque numéro du journal, centré par ordre chronologique sur l’une des années de la période 1914-1916, comporte d’une part quinze pages de bande dessinée et d’autre part cinq pages de textes et d’articles, consacrés à l’actualité non-militaire de la période. L’ensemble de ces textes, illustrés par Tardi, est signé de l’historien Jean-Pierre Verney, qui assure depuis des années, aux côtés du dessinateur, le travail de documentation.« 

Une belle leçon d’humanité, une morale qui devrait être connue de tous !

  • La Grande Guerre de Charlie de Pat Mills et Joe Colquhoun

Voici l’histoire de la première guerre mondiale du point de vue d’un allié anglais : Charlie. Il a 16 ans en 1916 quand il part pour le front français. Il va y découvrir les horreurs des tranchées, la mort environnante et les aspects les plus horribles de la guerre.
Les dessins en noir et blanc foisonnent de détails. Si la qualité de la BD ne fait aucun doute, je dois avouer que je n’ai pas été particulièrement emballée par les graphismes, mais plutôt par l’histoire prenante et vivante. On ressort de cette BD heureux de vivre à notre époque, d’être en vie et en paix.

La BD reliée de chez Delirium est en fait une manière de compiler une série sortie en 1979 qui se composait de petits ouvrages. Je vous laisse avec le mot de l’éditeur :

« La série La Grande Guerre de Charlie (Charley’s War), qui compte huit volumes, a été créée par Pat Mills et Joe Colquhoun et publiée entre 1979 et 1988 dans le magazine hebdomadaire Battle au Royaume-Uni, dont elle fut le plus grand succès. Elle est considérée à ce jour comme l’une des meilleures bandes dessinées de guerre et relate le quotidien du jeune Charlie Bourne, adolescent de 16 ans qui, entraîné dans l’élan patriotique général, se porte volontaire pour s’engager dans l’armée Britannique pendant la Première Guerre Mondiale.
S’appuyant sur un travail de documentation extrêmement minutieux et servi par l’impressionnante mise en image de Joe Colquhoun, le scénariste Patrick Mills nous propose une expérience inédite dans la bande dessinée de guerre : une immersion continue, sans répit ni temps mort, redonnant à l’horreur et à l’absurdité de la guerre des tranchées toute sa force et son intensité.

Saluée unanimement outre manche et régulièrement rééditée, cette œuvre est pratiquement inconnue du public français, seuls quelques épisodes ayant été publiés en France dans les magazines de petit format Bengali et Pirates, entre 1982 et 1986.

La Grande Guerre de Charlie est coéditée par les éditions Çà et Là et 360 Media Perspective, sous le label Delirium, à raison de deux volumes par an (parution du volume 2 en avril 2012). »

Couverture du Tome 1

Couverture du Tome 1

Moi je vais au festival et je vous y attends de pied ferme !

Et revoici la programmation pour ceux qui hésitent à venir.

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