Archive | avril, 2014

Junk Love de Chaemin – Critique littéraire de bande dessinée

30 Avr

De l’amour et de la nourriture, le tout en BD … voilà une synthèse de l’ouvrage Junk Love de la coréenne Chaemin. Edité chez Casterman dans la collection écritures (que j’adore particulièrement) en 2011, ce one-shot est une petite perle traitant de l’amour comme on a pas l’habitude de le lire.

Une couverture explicite

Une couverture explicite

« Il squatte chez moi depuis un peu plus d’une semaine. Il dépense mon fric, utilise mes affaires et profite de mon corps.« 

Synopsis

Ho-gyeong, apprentie comédienne, gagne sa vie en posant nue dans des ateliers de peinture. Min-gyu, lui, ex-étudiant en droit, papillonne de petits boulots en petits boulots, et d’aventure en aventure. Liés par une relation erratique et sans passion, ils reviennent pourtant toujours l’un vers l’autre, plus attachés qu’ils ne veulent bien se l’avouer. Pour faire face aux cahots d’une telle liaison, ils se réfugient dans un rapport étrange à la nourriture, succédané de leur cache-cache amoureux et de ses non-dits. Mais un repas partagé suffit-il à combler leur vide intérieur ?

Planche Junk Love

Planche Junk Love

Mon avis

Une BD où j’ai vite perdu le fil … pour cause ? Un découpage déroutant qui nous porte au creux d’une histoire d’amour étrange et que l’on a du mal à appréhender au départ. Voici un parti pris un peu hors du commun : découvrir le lien amoureux entre deux êtres au travers des repas qu’ils prennent ensemble.

La nourriture peut-elle satisfaire l’insuffisance ? Les plats donnent envie et à cause du contexte on se sent pris dans l’histoire. Finalement, on se sent lassé de la nourriture, lassé de cette vie et tout comme Ho-gyeong, nous souhaitons autre chose. Min-gyu peut paraître désagréable et même horrible dans certains cas, mais je n’ai pas réussi à le haïr, au contraire, je ressentirais bien de la peine pour lui. Au bout du compte, ce n’est pas la personne que l’on croit la plus forte qui l’est vraiment.

Junk Love

Junk Love

Junk Love est une BD en noir et blanc de style Manhwa (manga coréen). Même si cet ouvrage est surtout à destination des femmes dans le propos, il peut aussi être le point de départ d’une réconciliation entre les genres.

Une BD aux accents féministes qui tente de montrer que la femme est seule maître de son destin, qu’elle peut se libérer de ses propres chaînes. On assiste avec Junk Love à la renaissance de Ho-gyeong qui s’émancipe au fur et à mesure du livre.

Une bande dessinée à découvrir !

Un Jour

Un Jour

Une idée pour lire plus ?

Si vous aimez les histoires d’amour un peu tragiques, un peu compliquées et jolies je vous conseille le roman de David Nicholls, Un Jour.

Tideland de Terry Gilliam – critique de film

28 Avr

Du bizarre, de l’étrange, de l’incompréhensible : bienvenue dans le monde de Terry Gilliam avec Tideland. Ce film, sorti en 2005 est un OVNI que je ne saurais résumé. Malgré son côté hors du commun, ce film bénéficie d’un casting de fou avec notamment Jeff Bridges qui interprète The Big Lebowsky.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Adapté du roman Tideland de Mitch Cullin, ce film m’a donné l’envie de ne pas lire ce livre … Je vous laisse avec ma critique vous faire une idée par vos même.

Synopsis

Tideland

Tideland

Lorsque sa mère meurt d’une overdose, la petite Jeliza-Rose part s’installer dans une vieille ferme avec son père, Noah, un rocker héroïnomane qui a connu des jours meilleurs. Afin d’échapper à la solitude de sa nouvelle maison, Jeliza-Rose s’évade dans un monde imaginaire.

Pour lui tenir compagnie, Jeliza-Rose n’a que les têtes de quatre poupées qui ont perdu leur corps… jusqu’à ce qu’elle rencontre Dickens, un jeune homme ayant l’esprit d’un garçon de dix ans. Vêtu d’une combinaison de plongée, il passe son temps caché dans une carcasse d’autocar, son « sous-marin », attendant de capturer le requin géant qui habite sur la voie ferrée. Dickens a une grande soeur, Dell, une sorte de fantôme vêtu de noir qui se dissimule constamment sous un voile d’apiculteur.

Pour Jeliza-Rose, le voyage ne fait que commencer…

Mon avis

Je ne connais rien de tel, c’est la première fois que je me sens perdue après avoir regardé un film. Voici un film fait par un cinglé, voilà ce que j’en dirais ! J’ai pris ce DVD à la bibliothèque car la jaquette était attrayante et sombre. Je ne connaissais rien à ce film et la pochette en disait peu. C’est donc sans aucune idée de ce que j’allais voir que j’ai visionné Tideland.

On aurait dû inscrire sur cette boite de DVD :  » un film qui traite de la nécrophilie, de la pédophilie, de la drogue, de l’overdose, de mort et de folie ». Tout ce qui est hors norme, mal vu et socialement comme moralement condamnable est ici condensé en 2h00 de film. Je pense que le pire, c’est que les scènes sont belles. J’entends par belles : bien tournées, lumineuses, avec de douces musiques qui s’allient aux rires constants de la fillette.

Cet enfant, parlons-en. L’image de la pureté au cœur d’un monde d’adultes plus vicieux et névrosés les uns que les autres.

Est-ce du cynisme ? De l’horreur ? La perte de toute croyance en l’homme ? Personnellement je ne ressens que du dégoût …

Le talent de ce réalisateur est indéniable, mais le propos me gène, me dérange, ne me convient pas. Je ne sais pas si je tenterais une autre de ses productions.

Un paysage à couper le souffle

Un paysage à couper le souffle

 Quelqu’un a vu d’autres films de Terry Gilliam ?

Tonoharu de Lars Martinson – Critique littéraire de bande dessinée

24 Avr

Vous rêvez de partir vivre au Japon ?

 Cependant, entre le rêve & la réalité il y a parfois un fossé …

 Tonoharu est une bd publiée en 2011 aux éditions Le Lézard Noir. Cet ouvrage est fortement inspiré de la vie de Lars Martinson, l’auteur qui a lui-même vécu au Japon comme assistant d’anglais. Pour en savoir plus sur l’auteur rien ne vaut son blog !

Tonoharu

Tonoharu

Synopsis

Ce roman graphique américain suit Daniel Wells à son arrivée dans une petite ville de la province japonaise au poste d’assistant scolaire. Ce journal d’une solitude semi-autobiographique suit les difficiles tentatives du jeune homme pour s’intégrer à une société étrange et étrangère. Lars Martinson propose une sorte de Stupeur et Tremblement ou de Lost in Translation subtil et feutré, où le Japon se dévoile dans un trait dur et dans le silence d’une province grise et monolithique. La rigidité feinte du dessin, qui révèle l’influence de Chris Ware et de Seth, résonne avec l’immobilisme de la vie du personnage, empruntant parfois au registre des gravures qui ont fait les grands récits de voyages européens.

Un avis d’ancienne fille au pair à l’étranger

Voilà, je ne suis pas partie au Japon mais, en Irlande. Je trouve cependant que le propos de Lars Martinson dans Tonoharu est très vrai. Quand on part vivre à l’étranger, il y a toujours un moment où le mal du pays nous guette. L’utilisation de notre langue maternelle est ressentie comme un besoin face à notre de facilité à communiquer dans notre langage « d’emprunt », la langue du pays d’accueil.

Les problèmes de langage

Les problèmes de langage

Ensuite, l’intégration n’est pas toujours chose facile ! Se faire des amis, s’habituer aux us & coutumes locales … c’est-à-dire changer, oui mais encore faut-il pouvoir et accepter !

Bref, à travers des tranches de vie de Wells, des moments banals, l’auteur pose avec brio les soucis du quotidien des expats’.

 En noir & blanc, avec un style épuré, cette bd est plus que sympathique et je la conseille à tous les gens qui veulent partir vivre ailleurs en pensant qu’ailleurs c’est toujours mieux. Je la conseille aussi à tous ceux qui sont loin, à tous ceux qui aiment voyager … en fait à tout le monde !

 Envie de plus ?

Vous en voulez plus sur les voyages aux Japon ?

Manabé Shima

Manabé Shima

Je vous recommande vivement le très bon ouvrage de Florent Chavouet, Manabé Shima qui raconte son voyage par des illustrations magnifiques & des commentaires très drôles. Sûrement plus amusant et plus grand public que Tonoharu, ce livre fera un cadeau parfait ! Entre humour et graphismes soignés, Manabé Shima est un livre génial qui m’a transporté dans le sac à dos de F. Chavouet.

Le Japon étant un sujet fascinant et foisonnant, quel ouvrage est, selon vous, une référence ?

Abélard de Hautière et Dilliès – Critique littéraire de bande dessinée

19 Avr

Coucou,

Abélard tome 1

Abélard tome 1

Un peu de douceur et de poésie dans un monde où tout va vite, tout est instantanée. La durée de nos rêves semble aussi longue que le zapping TV. Voilà que je deviens philosophe après avoir lu Abélard de Hautière et Dilliès, une BD en deux tomes issue des fourneaux de Dargaux. Merci à Camille qui m’a conseillé cette lecture en me laissant ce lien.

C’est quoi l’histoire ?

Abélard quitte son marais et part à la recherche d’une machine volante. En chemin il rencontre Gaston, qui a

Abélard tome 2

Abélard tome 2

autant les pieds sur terre qu’Abélard a la tête dans les étoiles. Chacun va faire partager à l’autre sa vision de la vie. Aucun des deux ne sortira indemne de cette confrontation.

L’après lecture …

Je suis émue, un peu triste, un peu rêveuse, je fais la moue. Cette BD laisse un sillage de douceur et de rêverie. Que le graphisme est beau, les couleurs enchantent et le propos est saisissant.
Voilà une bande dessinée, une qui frappe et ne s’oublie pas. Elle ne frappe pas avec force, elle frappe par son éclat ! Un style brillant aux couleurs pastelles.

L’anthropomorphisme dans la BD un sujet que j’adore ! (Si vous voulez d’autres titres : Black Sad, … A la Folie, De capes et de crocs, etc …)

Abélard

Abélard

Mon avis

Je crois que vous l’aurez compris, je suis conquise par ces deux tomes. Enivrée de douceur, je vais faire de beaux rêves. Parfois la vie c’est triste mais elle vaut d’être vécue sinon à quoi bon ? C’est ce que je tirerais notamment de cette BD qui peut offrir 1000 morales selon ce que vous accepterez de voir en la lisant. On a tous des traits de caractères de chacun des personnages en nous et c’est ce qui les rend si proches et si humains. On les comprend, on les conçoit, on se projette dedans. Une BD que je conseillerais de lire en classe pour une approche de ce type de lecture – chose que l’on ne fait pas assez : étudier un peu de BD, mais je ne vais pas faire polémique, ce n’est pas le but !

Abélard prophétie

Abélard prophétie

En une phrase :

Une bande dessinée que l’on devrait lire !
C’est simple, concis et efficace ?

Bon maintenant vivement que j’ai fini de lire Betty Blues !

Abélard déccroche la lune

« J’irais au bout de mes rêves, tout au bout de mes rêves … »

47 Rônin – Critique de film

15 Avr

Après ce beau weekend, nous pourrions nous demander qui est passé par une salle de cinéma ? Mais avec une sortie telle que 47 rônin, je fais partie des gens qui ont accouru dans la première salle avec mes lunettes 3D pour voir ce nouveau chef-d’oeuvre !

Ce film, sorti le 9 avril 2014 au cinéma a été réalisé par Carl Erik Rinsch. On y retrouve des acteurs de renoms comme … Keanu Reeves ou Hiroyuki Sanada.

Une superprod’ américaine aux accents nippons, ça vous tente ?
Let’s go !

Le synopsis

De samouraïs ils sont passés à rônin !

De samouraïs ils sont passés à rônin !

Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l’honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l’aide de Kai – un demi sang qu’ils avaient jadis renié – lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d’effroyables dangers. Cet exil sera l’occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d’insoumis l’énergie de marquer à jamais l’éternité.

Mon avis

Voici un film magnifique sur le plan visuel avec des paysages verdoyants à vous couper le souffle. Les costumes sont jolis et la robe verte me faisait très envie (mais ceci est une autre histoire).

Les paysages verdoyants

Les paysages verdoyants

Toutefois, ce film a parfois quelques lacunes je dirais. Certains passages deviennent comique tant ils manquent de vraisemblances –SPOILER– comme le moment où le dragon apparaît.

Pour ce qui est de l’utilisation de la 3D, même si je ne la juge pas indispensable pour ce film, elle apporte certains plus agréable. Le réalisateur s’en est réellement servis et n’a pas juste fait de la « profondeur ». Lorsqu’une arme est projetée, on a l’impression qu’elle nous arrive dessus.
Un effet sympa qui reste tout de même accessoire.

Les acteurs nous embarquent dans un Japon traditionnel où les règles sont strictes et la hiérarchie bien organisée. Nous voici pris au cœur d’un conflit d’intérêt où tout un groupe de samouraï se voit destitué de leur rang, de leur honneur et deviennent des « vagabonds », des rônins. Pour venger leur maître ils sont prêts à tout. De toutes façon, après être devenus des parias, peuvent-ils tomber encore plus bas ?

Cet affiche est sublime

Cet affiche est sublime

Voici une histoire qui retrace la chute d’un groupe d’hommes prêt à tout pour retrouver leur gloire et leur honneur.

Un petit plus

Je ressort de cette séance avec l’envie d’en découdre, je ne tiens plus en place et je crois que je me prends pour un samouraï … S’en est fini de moi, je retourne lire Katana de Bizien – que je vous conseille.

Alors, allez-vous tenter l’expérience ?

47 Rônin

47 Rônin

Lucie s’en soucie de Véronique Grisseaux et Catel – Critique littéraire de Bande Dessinée

13 Avr

Coucou tout le monde !

J’ai découvert une bande dessinée sympa de chez les Humanoïdes Associés et j’avais envie de vous faire partager mon entrain !
Publiée en 2000, Lucie s’en soucie est un hors série de Lucie fait par Catel et Grisseaux.

Lucis s'en soucie

Lucis s’en soucie

De quoi ça parle ?

Lucie, jeune femme active vient d’avoir trente ans. Prise d’une crise existentielle, elle cherche à faire une mise au point sur sa vie. Entre les copines mariées avec des enfants, l’ex petit copain du lycée qui lui donne un faire part de mariage et elle qui est seule, Lucie cherche l’amour. Mais est-ce vraiment fait pour elle ? Car, si Lucie veut trouver le Prince charmant, c’est aussi une jeune femme qui aime sortir, qui aime son travail (quoi que) et surtout qui aime son confort et sa liberté.

Tu te reconnais ? Normal, c’est assez universel.

Si vous êtes une jeune femme, voir même une femme tout court vous vous identifierez aisément au personnage de Lucie. Ses préoccupations sont celles de tous, ses questions sont les béabas du quotidien d’un humain normal et elle aspire à ce que tout le monde désire : le bonheur et la sérénité personnelle. Enfin être libre et en paix avec soi-même.

Un graphisme simple mais efficace pour une histoire sympa

Alors non, le graphisme ne m’a pas laissé des étincelles dans les yeux. Très simple, en noir et blanc, le graphisme sert à merveille une bande dessinée agréable. Ce n’est pas LA découverte mais c’est un ouvrage sympa pour changer des habituelles Margaux Motin, Diglee et Pénélope Bagieu (que j’adore au demeurant).

« C’est pas marqué dans les livres,
Que le plus important à vivre,
Est de vivre au jour le jour.
Le temps c’est de l’Amour…  »
Lucie – Obispo

Le cirque – Journal d’un dompteur de chaises de I. Surducan – Critique littéraire de bande dessinée

10 Avr

BON JOUR !

Vous sentez l’excitation ? Moi j’en suis remplie par le fait de vous faire découvrir – si ce n’est pas déjà le cas – une véritable pépite onirique !
Le cirque – Journal d’un dompteur de chaises est une jolie fable, un rêve dessiné par Iléanna Surducan et publié par Makaka en 2012.

Le Cirque - journal d'un dompteur de chaises

Le Cirque – journal d’un dompteur de chaises

Un dompteur de chaises ? Vraiment ?

« Manu rêve d’être dompteur de chaises car il sait qu’elles sont vivantes et il connaît leur personnalité hors du commun. Cependant, dans une ville sous dictature qui glorifie les sciences et la raison, son espoir semble bien vain. Mais au-delà des frontières de la cité – que les habitants n’ont pas le droit de franchir – se trouve Le Cirque, un univers mystérieux où tous les songes sont permis. »

Une BD pour des esprits rêveurs et imaginatifs

J’ai vu cette bande dessinée à la bibliothèque, ce sont ses couleurs de feux qui ont attiré mon regard. Une fois posé sur cet ouvrage de format assez petit pour une BD, j’ai vu le titre et je n’ai pas hésité, il me fallait l’emprunter et lire cet OVNI.
Des couleurs à n’en plus finir, des couleurs et une lumière qui est symbole de vie, de création et d’espoir dans un monde où le gris, les ombres et la tristesse sont synonymes du monde réel, industriel, trop cadré pour Manu, notre héros. Chaque nuit il s’évade dans un cirque à mi chemin entre sa réalité et ses rêves Manu va devoir aider Le Cirque et ses artistes à survivre à la fin des rêves dans le monde réel, survivre à la peur et à la rationalisation totale qui ne va pas de pair avec l’inventivité des artistes du cirque.

Le cirque illuminera vos nuits !

Le cirque illuminera vos nuits !

Merci à I. Surducan pour ces graphismes à l’image d’un cirque : colorés avec une dominante de couleurs chaudes en contraste avec le noir et blanc. Les personnages sont attachants et l’on aimerait tant suivre Manu à la fin, l’épauler … Savoir de quoi sa vie sera faite.
Une lecture magique, délicate et tellement irréelle qu’on aime y croire !

Encore sur le net au lieu de sortir des limites du « possible » ?

On ne peut pas être dompteur de chaises ! Même certains dans le Cirque semblent sceptiques, mais dans le fond, pourquoi pas ? Manu semble les comprendre lui, toutes ces chaises. Alors laissons le faire pour notre plus grand plaisir de lecteur.
Suivez-le et vous saurez ce qu’un tabouret ou un canapé est capable !

Manu, dompteur de chaises

Manu, dompteur de chaises

Je n’ai pas envie de vous en dire plus. Le rêve n’est qu’à porté de librairie ou de bibliothèque. Saurez-vous le saisir ?

Paprika de Satoshi Kon – Critique d’animé Japonais

6 Avr

Bonjour,

Il y a bien longtemps que je ne vous ai pas fait de petites critiques de films d’animations. Ce qui tombe bien c’est que j’en ai un dont j’aimerais vous parler, il s’agit de Paprika réalisé par le japonais Satoshi Kon en 2006.

paprikaa

Paprika

Je remercie mes amis qui m’ont poussé et repoussé à le voir parce qu’aujourd’hui je comprends pourquoi il fallait que je le vois et par conséquent que vous le regardiez aussi !

Le synopsis

Atsuko Chiba / Paprika

Atsuko Chiba / Paprika

« Dans le futur, un nouveau traitement psycho-thérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l’inconscient.
Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l’un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs.
Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l’inventeur du DC Mini, le Dr. Tokita, décide, sous l’apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s’aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s’est emparé du DC Mini et pour quelle raison. Elle découvre que l’assistant du Dr. Tokita, Himuro, a disparu… »

Un animé touchant, original traitant de sujets profonds

Paprika a tout de LA femme parfaite. Elle est enojouée, prête à tout pour sauver les autres, pour les aider et faire le bien. En plus d’être dotée d’une intelligence redoutable, Paprika a une plastique très satisfaisante. Elle intervient dans les rêves pour soigner les gens. J’ai personnellement adoré cette idée même si ce film nous montre les limites de ce procédé.

En effet, une question centrale est évoquée au sein de cet animé : peut-on interférer sur les rêves ? N’est-ce pas le seul lieu où chaque personne peut laisse libre court à son esprit pour créer ce qu’il désire ?
Si l’on touche à cette liberté fondamentale, les désastres peuvent être multiples et irréversibles.
C’est ce qu’il arrive lorsqu’un être mal-intentionné vol la DC Mini…

On nous met face à une question crucial sur la modernité, ses usages et ses effets sur l’homme et sur sa part de liberté.

Ce film d’animation est également le moment de revenir sur des questions fondamentales qui transcendent l’Homme comme : la mort, l’amour, l’amitié, le désir, la réussite …

Un univers coloré, étrange et envoûtant

Que ce soit à cause du graphisme ou de la musique, on termine le film avec l’impression d’avoir pris des drogues ou d’avoir participé à un des rêve étrange …
Tout est très coloré, la musique est prenante mais étonnante… Je vous laisse juger par vous même !

Un véritable chef d’oeuvre qui me donne envie de voir tout ce que Satoshi Kon a fait. Merci à lui d’avoir consacré sa vie à des créations aussi belles que Paprika. C’est ainsi qu’on devient immortel, en laissant des traces telles que celles-ci.

Satoshi Kon

Satoshi Kon

  … à la folie de S. Ricard & James – Critique littéraire de bande dessinée

3 Avr

A la folie … ou comment traiter d’un sujet grave avec délicatesse

Bonjour,

... à la folie

Voici la première de couverture

Cette critique n’est pas légère, douce et insouciante … En effet, je vais revenir sur une lecture marquante : … à la folie de Sylvain Ricard & James qui traite des violences conjugales. Publiée chez Futuropolis en 2009, c’est une bande dessinée qui parle d’un sujet malheureusement toujours d’actualité.

Une approche simple qui met dans l’ambiance

... à la folie

Une discussion avec une amie

L’histoire, c’est celle d’un couple qui s’aime. L’homme tout comme la femme nous décrivent leur quotidien. Cette narration à deux voies permet une intimité plus grande avec les protagonistes. Elle offre également une forme de compréhension même si elle ne permet pas une acceptation des actes violents!
Alors voilà, encore jeunes étudiants, ces deux êtres tombent amoureux et se marient. Lui gagne si bien sa vie qu’elle n’a pas besoin de travailler. Femme au foyer, elle fait tout pour le confort de son mari jusqu’au jour où à cause du stress, à cause d’un geste maladroit de la part de cette femme, son mari la frappe pour mettre un terme à une dispute.
Ce geste, bref, sûrement pas prémédité va devenir une habitude. … à la folie nous fait vivre le quotidien d’une femme battue par son mari et qui l’accepte.

Une BD cruelle mais vraie !

... à la folie, page 1

Première page

Oui, nous pourrions juger : pourquoi cette femme ne fait rien avant, et pourquoi la mère donne ce genre de conseils ?
Mais face aux autres, face à son mari que l’on aime et qui a des excuses, serions nous forte ? Ne mettrions-nous pas autant de temps avant de sortir, si l’on sort de cette bulle … La femme aime sont mari au point de s’en vouloir à elle, de penser que c’est sa faute s’il la frappe.
Une BD qui montre que parler c’est aussi affronter des regards pas prêts à voir la vérité. La mère nous dévoile bien cette incompréhension, cette soumission de la femme qui est encore chose commune dans bien des cultures et dans bon nombre de familles.
Bien qu’ayant utilisé l’anthropomorphisme, James nous renvoie l’image de l’Homme tel qu’il est. C’est peut être même plus criant de vérité car on ne regarde plus l’animal dessiné mais les sentiments, les gestes et on voit l’horreur et la difficulté d’être dans cette situation. Ce n’est pas « une femme » ce sont toutes les femmes qui sont représentées sous ces traits !

Que peut-on ressentir face à ça ?

Malgré tout cela, on est pas dans la tristesse et dans la révolte durant cette lecture. On cherche à comprendre comment une femme et un homme en arrive là, sont-ils meilleurs, sont-ils pires ? Est-ce vraiment un cercle vicieux ?

Voilà une lecture qui ne laisse pas de marbre, qui révolte à la fin de la lecture et en même temps qui nous permet de comprendre bien des choses sur l’importance de la volonté personnelle et son influence sur nos actions.

J’espère que le sujet ne vous fera pas fuir et que vous tenterez cette lecture poignante.

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