… à la folie de S. Ricard & James – Critique littéraire de bande dessinée

3 Avr

A la folie … ou comment traiter d’un sujet grave avec délicatesse

Bonjour,

... à la folie

Voici la première de couverture

Cette critique n’est pas légère, douce et insouciante … En effet, je vais revenir sur une lecture marquante : … à la folie de Sylvain Ricard & James qui traite des violences conjugales. Publiée chez Futuropolis en 2009, c’est une bande dessinée qui parle d’un sujet malheureusement toujours d’actualité.

Une approche simple qui met dans l’ambiance

... à la folie

Une discussion avec une amie

L’histoire, c’est celle d’un couple qui s’aime. L’homme tout comme la femme nous décrivent leur quotidien. Cette narration à deux voies permet une intimité plus grande avec les protagonistes. Elle offre également une forme de compréhension même si elle ne permet pas une acceptation des actes violents!
Alors voilà, encore jeunes étudiants, ces deux êtres tombent amoureux et se marient. Lui gagne si bien sa vie qu’elle n’a pas besoin de travailler. Femme au foyer, elle fait tout pour le confort de son mari jusqu’au jour où à cause du stress, à cause d’un geste maladroit de la part de cette femme, son mari la frappe pour mettre un terme à une dispute.
Ce geste, bref, sûrement pas prémédité va devenir une habitude. … à la folie nous fait vivre le quotidien d’une femme battue par son mari et qui l’accepte.

Une BD cruelle mais vraie !

... à la folie, page 1

Première page

Oui, nous pourrions juger : pourquoi cette femme ne fait rien avant, et pourquoi la mère donne ce genre de conseils ?
Mais face aux autres, face à son mari que l’on aime et qui a des excuses, serions nous forte ? Ne mettrions-nous pas autant de temps avant de sortir, si l’on sort de cette bulle … La femme aime sont mari au point de s’en vouloir à elle, de penser que c’est sa faute s’il la frappe.
Une BD qui montre que parler c’est aussi affronter des regards pas prêts à voir la vérité. La mère nous dévoile bien cette incompréhension, cette soumission de la femme qui est encore chose commune dans bien des cultures et dans bon nombre de familles.
Bien qu’ayant utilisé l’anthropomorphisme, James nous renvoie l’image de l’Homme tel qu’il est. C’est peut être même plus criant de vérité car on ne regarde plus l’animal dessiné mais les sentiments, les gestes et on voit l’horreur et la difficulté d’être dans cette situation. Ce n’est pas « une femme » ce sont toutes les femmes qui sont représentées sous ces traits !

Que peut-on ressentir face à ça ?

Malgré tout cela, on est pas dans la tristesse et dans la révolte durant cette lecture. On cherche à comprendre comment une femme et un homme en arrive là, sont-ils meilleurs, sont-ils pires ? Est-ce vraiment un cercle vicieux ?

Voilà une lecture qui ne laisse pas de marbre, qui révolte à la fin de la lecture et en même temps qui nous permet de comprendre bien des choses sur l’importance de la volonté personnelle et son influence sur nos actions.

J’espère que le sujet ne vous fera pas fuir et que vous tenterez cette lecture poignante.

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