Archive | août, 2014

Critique littéraire – Le Garde, le poète et le prisonnier de Lee JUNG-MYUNG

24 Août

Alors je reviens avec un roman chargé en émotion et en qualité littéraire ! Mais avant ça jusqu’au 8 septembre c’est assez chargé et j’ai du mal à tenir les posts régulier mais c’est bientôt la fin – la fin des études aussi \o/ – donc tenez bon avec moi et continuez à lire ce blog qui sans vous n’aurez plus aucun sens. Vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, à lire mes petites critiques et à venir sur la page Facebook de Chickon : je vous REMERCIE !

Le Garde, Le Poète et le Prisonnier

Le Garde, Le Poète et le Prisonnier

Passons à présent aux choses sérieuses, Le garde, le poète et le prisonnier de Lee JUNG-MYUNG. Ce roman, édité en avril 2014 chez Michel Lafon, est le premier de cet auteur coréen à avoir été traduit. D’abord traduit du coréen en anglais et ensuite de l’anglais en français j’imagine qu’il est bon de pouvoir le lire en langue originale pour profiter de toutes les subtilités de la langue mais je ne connais pas le coréen. 

J’ai vu la couverture, de la douceur semblait en sortir. J’ai pris l’ouvrage et j’ai vu un mix de roman et de poésie, sans lire plus je me suis lancée dans cette lecture captivante.

Je vous mets le synopsis que l’on trouve en quatrième de couverture :

“Pénitencier de Fukuoka, Japon, 1944. Dans ce sombre lieu dont peu sortent vivants, le gardien-chef, Sugiyama, réputé pour sa cruauté bestiale, vient d’être assassiné. Le jeune conscrit Watanabe est chargé de l’enquête ; mais à peine l’a-t-il commencée qu’un détenu coréen, communiste et résistant, s’accuse du crime. Pourtant, Watanabe ne croit pas à sa version des faits et décide de poursuivre ses investigations malgré les ordres. En reconstituant les derniers mois du gardien-chef, il met au jour l’étrange relation qui s’est nouée entre la brute Sugiyama et Yun Dong-Ju, un jeune poète coréen condamné pour « écrits séditieux ». Alors que la guerre fait rage et que les bombes pleuvent sur Fukuoka, Watanabe mettra tout en œuvre pour protéger Yun Dong-Ju, dont les vers sont si purs qu’ils brisent le plus dur des cœurs. Mais il devra affronter un complot qui dépasse largement l’enceinte de la prison…” 

Mon avis sur ce roman :

Inspiré de faits réel et de la vie du poète Yun DONG-JU, ce roman m’a appris beaucoup de choses sur l’histoire Japonaise et Coréenne, sur les conflits et les mentalités. Lisant pas mal de littérature asiatique en tout genre depuis quelques mois, je commence à découvrir un univers littéraire foisonnant, puissant par la beauté des mots qui servent à dévoiler une réalité dure et froide. Un témoignage poignant sur les mentalités en temps de guerre.

Une fiction touchante, criante de vérité et une sublime manière de redonner vie à un poète dont je veux apprendre plus.

Watanabe est un penseur, un humaniste qui est pris dans des conflits qui le dépasse. Ce protagoniste est une jolie façon de montrer que la littérature et plus précisément la poésie dépasse les conflits et reste une forme de pureté que rien ne peut tuer. C’est aussi une manière de survivre, de garder espoir et finalement de se souvenir. L’art, qui est au centre de ce roman, cherche à contrer la guerre, le gris de la vie au pénitencier. La littérature, la musique tout comme le fait de faire voler un cerf-volant sont des formes de liberté que l’auteur met en avant avec brio. 

Oui j’ai versé une larme et j’ai refermé le livre le cœur serré, je pense le relire, pas de suite mais un jour. J’ai vraiment eu une impression de vivre les événements, d’être avec eux à Fukuoka, dans cette prison austère.

Une découverte de la littérature coréenne qui se fait avec un roman sublime !

Yun Dong-ju 윤동주

Yun Dong-ju
윤동주

Ciel, vent, étoiles et poèmes (Janvier 1948)

서시(序詩): Préface

죽는 날까지 하늘을 우러러 한 점 부끄럼 없기를

잎새에 나는 바람에도 나는 괴로와 했다

별을 노래하는 마음으로 모든 죽어가는 것을 사랑해야지

그리고 나에게 주어진 길을 걸어가야겠다

오늘 밤에도 별이 바람에 스치운다

Préface :

Jusqu’à la mort, fixer le ciel et ne souffrir d’aucune honte

Mon cœur fut jadis tourmenté par les bruissements même du vent s’infiltrant entre les feuilles.

D’une âme chantant les étoiles, je m’en vais aimer toutes formes de vies

Il ne me restera plus qu’à suivre la voie qui m’a été tracée,

Cette nuit encore, le ciel est parsemé d’étoiles.

Critique littéraire de bande dessinée – Les pieds bandés de Kunwu Li

6 Août

Les Pieds Bandés

Les Pieds Bandés

Parlons d’un classique de la BD chinoise : les pieds bandés. Publiée en  2013 aux éditions Kana, cet album traite d’une ancienne coutume chinoise qu’est le bandage des pieds afin d’avoir des petits pieds. Li Kunwu , après une vie chinoise, revient avec brio et talent !

Le synospsis :

Chun Xiou est une petite fille qui ne veut pas se plier à la coutume mais se trouve forcée de se faire bander les pieds. Elle subit la douleur et l’horreur que cela représente. Elle qui aimait jouer comme les enfants de son âge, elle ne peut plus marcher normalement. Pour être jolie une fois adulte, Chun Xiou doit assumer les tortures infligées à son corps.

Une fois devenue adulte, le poids des traditions redevient un souci car la révolution désire abolir les coutumes, notamment les femmes aux pieds bandés…

Chun Xiou va devoir faire face à la torture physique que représente la tradition puis à la torture morale que la révolution impose.

Mon avis :

Un sublime album qui revient avec brio sur une tradition chinoise que l’on ne connait pas assez. Kunwu  nous emmène dans la psychologie d’une femme qui subit avec force les us et coutumes de son pays. Un témoignage touchant, révoltant et émouvant. C’est d’autant plus bouleversant qu’il s’agit de la biographie de la nourrice de l’auteur.

Pieds de Chun Xiou

Pieds de Chun Xiou

L’aspect horrible du bandage nous est montré mais ce qui est je pense le pire c’est la raison pour laquelle cette torture est pratiquée. Il faut trouver un bon mari et pour cela il faut avoir de petits pieds. Plus vos pieds sont petits, plus vos chances de trouver un mari riche augmenteront. La pression sociale, la voici la véritable torture, le véritable souci. En effet, dans cet album, la révolution le prouvera.  Chun Xiou qui n’a pas demandé à avoir les pieds bandé se retrouvera hors la loi car ses pieds ont été bandés.

Je n’en dis pas plus, j’ai déjà peur d’en avoir trop dit.

A vos BD maintenant !

Qu’en dites-vous ?

Critique littéraire de bande-dessinée – Betty Blues de Renaud Dilliès

5 Août

Sur les conseils d’une lectrice de mon blog j’avais lu Abélard de Dilliès et j’étais juste tombée sous le charme de cette bande dessinée douce et pleine de sentiment. Voyant mon engouement, elle m’avait encouragé à lire Betty Blues du même auteur, publié aux éditions Paquet. Je peux aujourd’hui dire c’est chose faite et la remercier. Je lis actuellement Saveur du même auteur … et comme à chaque fois c’est une réussite fulgurante.

Betty Blues

Betty Blues

Alors parlons de Betty Blues. Nous retrouvons, comme dans Abélard, un monde peuplé d’animaux, le personnage principal est encore un volatile qui part à la conquête du monde suite à une histoire d’amour ou plutôt suite à une rupture.

Si Abélard était une bande dessinée initiatique, Betty Blues serait l’étape suivante d’une vie. Le moment où l’on se questionne sur nos choix de vie. Et un jour une chose change, en l’occurrence sa fiancée le quitte, ce qui suffit à plaquer tout pour chercher un mode de vie meilleur.

L’histoire en quelques lignes :

Rice est un canard trompettiste qui travaille comme jazzman dans les bars, il est aussi amoureux fous de Betty. Mais ça c’était sa vie d’avant, avant que Betty ne le quitte pour un homme riche. Depuis plus rien n’a de sens alors Rice bois plus que de raison avant de jeter sa trompette du haut d’un pont: adieu la musique. Il prend le premier train et décide d’oublier son passé. De son côté Betty découvre une vie différente mais changer de milieu fait-il de nous quelqu’un de différent ? Peut-on mettre de côté notre personnalité ?

Rice

Rice

Mon avis :

Une histoire assez triste en soi avec un dessin si doux. Dilliès a encore conquis mon cœur avec Betty Blues. Les couleurs, les personnages et cette façon de raconter la vie …

J’ai vraiment adoré cet album, ce côté enfantin dans le dessin et ce propos, le thème très adulte. Ce mélange de rêve et de réel. Je crois que cet auteur sais comment transporter son lectorat et ce n’est pas pour me déplaire !

Betty ...

Betty …

Un one-shot de 74 pages qui saura en émouvoir plus d’un !

 

Critique littéraire de bande dessinée – Carnation de X. Mussat

4 Août

« Les histoires d’amour finissent mal en général » et l’auteur l’a bien compris. A travers Carnation, il nous offre une vision d’un couple brisé, d’un amour impossible.

Tout d’abord parlons de l’ouvrage. Carnation est un projet de longue date publié en 2014 chez Casterman.  Sa couverture, sobre, donne envie de plonger son nez dedans. Le contour délicat et dorée de cette jeune fille contraste au bleu nuit. Le contraste sera d’ailleurs fort à propos au sein de la BD. Carnation ça veut dire « teint d’une personne, coloration des chairs ».  Le reste de la BD est en noir et blanc. En 256 pages l’auteur nous montre ce qu’est un corps.  Plus qu’une autobiographie, c’est clairement une autopsie que Mussat fait sur lui-même. Aujourd’hui professeur, il retourne à l’époque où il vivait à Angoulême et où il travaillait sur Kirikou … Un passé lourd où il a rencontré Sylvia.

Carnation

Carnation

Le second thème de cette bande dessinée est la création artistique, le questionnement sur ce que cela implique et sur les ressentis des artistes. Notamment le blues post Kirikou.

Mussat aborde également l’amour sous toutes ses formes dans Carnation. L’amour comme sentiment, l’amour de la chair, la place de l’amitié face à l’amour. L’auteur porte un regard presque une analyse sur ce sentiment. De la naissance de l’amour à la haine, Mussat nous donne à voir la naissance d’un couple, puis un couple qui se déchire. Souvent on se demande comment après être tombé amoureux, on peut en arriver à se séparer. L’auteur a compris et cherche à le dire par cette BD. Ce n’est pas une réponse générale, juste un cas précis, un exemple qui peut finalement nous rappeler nos histoires de vies à nous, à tout à chacun. Est-ce que l’amour est plus fort que la destruction ? Peut-on aimer et détruire l’autre ? Voici ce que Carnation dévoile en partie car comme tout le monde sait en amour rien n’est figé.

Sylvia

Sylvia

Un dessin délicat, parfois morbide, parfois dur et cruel mais toujours en adéquation avec le propos. Un ouvrage magnifique par la forme, original par son traitement du fond. Une autobiographie qui n’est pas égocentrée, un ouvrage qui m’a profondément touché. Un ouvrage qui ne laisse pas de marbre.

Le genre des histoires d’amour est ici revisité sous un jour nouveau. Un questionnement universel qui n’en finira pas de faire couler de l’encre !  

Critique littéraire – Les carnets secrets de Guillaume Bianco : Tome 1 Les Seins

3 Août

Une ode à la poitrine féminine !

(Pour seulement 9,95euros.)

Les carnets secrets de G. Bianco

Les carnets secrets de G. Bianco

Qui a dit que les hommes qui aimaient les seins étaient des pervers ? Surement pas moi car je les comprends ! Voici une bande dessinée qui célèbre nos divins mamelons alors autant s’en vanter un peu, non ?

Avec humour, galanterie et un peu d’envie G. Bianco nous dévoile sa vision à lui des seins, il les catalogues, les compare aux sandwichs de chez McDo (merci du cadeau hein) et surtout il en rêve ! Non ce n’est pas un ouvrage pornographique, non ce n’est pas juste une moquerie sexiste écrite par un homme, non ce n’est pas un macho de première qui veut faire un livre genre « les mecs parlent aux mecs et on se comprend ». C’est juste un homme qui n’a pas honte de parler des seins de manière simple, marrante et surtout vraie.

Un petit petit moment de bonheur, un instant de fun et surtout une idée de génie.

Merci G. Bianco d’avoir fait ça et merci Delcourt d’avoir publié Les Carnets Secrets de Guillaume Bianco !

Pour plus de plaisir, je vous invite à jeter un coup d’oeil au blog de l’auteur.

Les seins

Les seins

Critique littéraire – Dans les rapides, Maylis de Kerangal

2 Août

Parce que je viens du Havre et qu’elle aussi, parce qu’à la librairie où je suis on adore son écriture, je pense qu’il convient de parler de M. de Kerangal. Aujourd’hui primée pour son roman Réparer les vivants, je vais vous parler d’un autre livre qui vient de sortir en poche au début de l’été.

Dans les rapides

Dans les rapides

Dans les rapides est un livre qui m’a touché par son thème, par son lieu et par ses protagonistes …

Nous voilà au Havre, fin des années 70’, trois lycéennes havraises découvrent le rock grâce à un vinyle de Blondie : Parallel Lines. S’ensuit une quête vers les concerts, les disquaires pour en savoir plus, être au fait de ce qu’est le rock. Ces trois demoiselles n’ont plus qu’un rêve, partir aux USA pour être en phase avec leur idole.

Parallel Lines

Parallel Lines

Ce roman sur l’adolescence nous montre aussi l’initiation au monde adulte. Ces jeunes filles se cherchent, elles veulent une identité, elles désirent assumer leur féminité et l’adoration des chanteuses de rock seront un premier pas vers la découverte du monde.

Dans un style fluide, rapide et simple, sans fioriture, M. de Kerangal nous invite à revivre ces années où le rock a connu son effervescence en France, où le rock a fait danser dans les soirées.

La description des rues du Havre fait échos à mon quotidien, ce qui me touche surement davantage qu’une autre personne mais chaque havrais se reconnaîtra un tant soit peu dans ces trois filles.

Un court roman que l’on prend plaisir à découvrir et qui n’est qu’un prélude à un nouvelle lecture du même auteur.

LastMan de B. Vivès, Balak, M. Sanlaville – Critique littéraire de bande dessinée

1 Août

Je vous parlais de Bastien Vivès avec Le goût du chlore, je reviens avec LastMan. Cette série (composé pour le moment de 5 tomes) est publiée chez Casterman.  Elle est le fruit d’une collaboration entre B. Vivès, Balak et M. Sanlaville.

LASTMAN

LASTMAN

Cette bande dessinée est à la frontière de différents genres de la culture « pop » que sont les jeux vidéo, le manga, le comics, la SF, l’heroic-fantasy, le fantastique et la BD franco-belge.  

Sans genre pour classer LastMan, nous pourrions dire que cette série est un monde à elle seule.

LastMan 1

LastMan 1

Voici le synospsis :

« Adrian Velba, 12 ans, est heureux. Après avoir travaillé dur toute l’année dans l’école de combat de Maître Jansen, il va enfin pouvoir participer, au grand tournoi annuel parrainé par le roi Virgil et la reine Efira. Hélas, à quelques heures de la clôture des candidatures, son partenaire fait défection, malade. Le coup est terrible pour Adrian, car il faut être deux pour s’inscrire au tournoi. Échec sans appel ? Non, car in extremis surgit un grand gaillard que personne n’a jamais vu en ville, Richard Aldana. Aldana propose à Adrian, une alliance pour combattre ensemble. Pleine de méfiance la mère d’Adrian, donne son accord du bout des lèvres… »

Mon avis, s’il en existe un objectif serait : LA SUITE LA SUITE LA SUITE …

Oups, mon cerveau est coincé.

Aldana

Aldana

Plus sérieusement, cette bande dessinée au format manga est une merveille autant sur le plan narratif que graphique. Le mélange des

LastMan 5

LastMan 5

genres, les personnages si différents font de LastMan une bonne série innovante. A aucun tome cet élan de nouveauté perd son souffle, je dirais même bien au contraire. L’intrigue se creuse de plus en plus et nous tombons inexorablement dans l’envie de savoir plus de choses sur les personnages, sur ces mondes, sur tout l’univers que cette BD renferme.

Les petits plus que les auteurs nous apportent à la fin, notamment les playlist selon les personnages sont un plaisir. J’ai apprécié relire les tomes de LastMan avec les musiques « proposées » comme représentant les personnages.

Un personnage favoris ? La mère d’Adrian je crois, parce que comme dirait certains « elle est badass » !

Allez voir la page Facebook.

Pour lire en prépublication cliquez ici.vivès

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