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Exposition GOIN à Spacejunk

15 Oct

Lyon, connue pour ses attraits historiques, pour sa gastronomie raffinée et pour son foisonnement culturel. Le Street art, ça vous parle ? Parce que en effet, cette ville est un véritable vivier de Street artistes. Le plus “célèbre” et le plus vu à Lyon même et sur le périph’ reste Knar et ses Birdy qui sont aujourd’hui les Birdy Kids avec 3 Street artistes différents.

Birdy Kids

Birdy Kids

Enfin je m’égare, même si j’aime beaucoup ces oiseaux pleins de couleurs c’est pour parler de l’expo de GOIN dans la galerie Spacejunk que nous sommes ensemble !

Qu’est ce que Spacejunk ?

Vitrine de Spacejunk

Vitrine de Spacejunk

C’est une galerie d’expo, “un centre d’expression” comme il est dit dans leur présentation. Ouvert en 2003, aujourd’hui Spacejunk se trouve à à Grenoble, à Bayonne, à Bourg-Saint-Maurice et à Lyon. Ils acceuillent des artistes divers aux influences variées alors à vous de vous lancer et d’aller jeter un oeil ! Pour les lyonnais c’est au  16, rue des Capucins, 69001 LYON.

Et l’artiste, il fait quoi ?

Bring me the street

Bring me the street

GOIN est un artiste français engagées qui milite par son dessin. Vous me direz, c’est le but de beaucoup de street artiste, soit. Par ses dessins chocs et les “légendes” qui vont avec, GOIN cherche à faire bouger l’humanité de son état passif, il veut que les gens deviennent acteurs pacifiques, pas besoin de violence si ce n’est dans un dessin. Anticonformiste, chose acquise par son inspiration autour de l’univers Punk, ce street artiste joue avec les figures populaires, détourne des images journalistiques et/ou historique pour en faire des messages, provocants, révoltants. C’est le but ! Goin traite de la corruption, du consumérisme, de l’histoire et de la domination avec des bombes aérosols, des pochoires, de la peinture et beaucoup de talent.Cette expo, tout d’abord à Bayonne, du 18 septembre 2014 au 15 novembre 2014 à Lyon pour ensuite aller à Grenoble, met en avant l’artiste, le pochoiriste GOIN (go in, c’est pour moi une façon de dire “met les pieds dans le plat”).

GOIN

GOIN

En sortant j’étais submergée. C’est flash, oui un flash dans tes yeux à chaque fois que tu regardes un dessin. Ton cerveau enregistre, ça choc, c’est fort, c’est vrai et toi aussi tu as envie de gueuler contre l’humanité, ou de sourire face à cet humour très noir. Puis finalement, je suis sortie et je me dit que j’écris ces quelques mots pour vous dire d’aller voir cette expo. Que suis-je ? Si ce n’est une espèce de “bobo” qui pense comprendre et finalement n’est pas la cible première. Ces oeuvres doivent être vues par le plus grand nombre : la rue est le meilleur endroit et pour ceux qui ne voient pas cela comme de l’art dans la rue on vous offre du street art sur un plateau. Une belle expo, j’avais juste l’impression d’être devenue une espèce de bourge qui va voir des expos de street art pour être “in” alors qu’en fait, je trouve ça fort, éprouvant et subtile.

Un grand sourire m’est venu sur la face quand j’ai vu les dessins fait à Bristol. Cette ville fait de suite penser au célèbre Banksy.

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Alors GOIN, tu as déjà peint avec lui ?

On sent tout de même l’inspiration. Un peu comme pour le titre du bouquin “I spray for you” j’ai trouvé ça accrocheur, comme Guerre et Spray de Banksy. Voilà, déjà conquise par notre street artiste British, je crois avoir trouvé mon coup de coeur français et ce pour très longtemps.

I spray for you

I spray for you

Vous pourrez sûrement apercevoir des œuvres de Goin (peut-être lui en personne ?) à la demeure du chaos près de Lyon. Sinon il ne vous reste plus qu’à faire le tour du monde pour une chasse aux trésors, qu’en dîtes-vous ?

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Mutafukaz, Run

17 Déc

Parlons Ankama … Il s’avère que j’aime vraiment cette maison d’édition. Oui oui c’est Eux, ceux qui ont fait DOFUS ! Oui, ce jeu auquel les collégiens se vantent de jouer, et que les moins jeunes ont plutôt tendance à cacher. C’est aussi Eux qui passent le matin durant ton ptit déj’ à la télé avec leur série Wakfu, issue directement de l’univers de Dofus mais 1000 ans après. Et si tu ne vois pas de quoi je parle, Dofus c’est aussi un manga qu’on ne peut pas le louper. On le trouve même entre les tomates et le salami au supermarché !

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Dofus et ses perso si mignons !

Bref, Ankama ce n’est pas que ça, c’est une équipe de graphistes, d’illustrateurs et d’auteurs BD hors-pairs. Citons juste pour le plaisir : Maliki (qui m’a motivé à dessiner quand j’ai ouvert son Artbook et que j’ai lu son blog), Xa, Florent Maudoux (dédicace à une copine fana de Freak’s Squeel), Ancestral Z, B. Hottin (pour ses Pandas dans Pandala)… Bref, je vous conseil de regarder un peu !

Mais aujourd’hui je vais vous présenter une BD de leur collection Label 619. Il s’agit de Mutafukaz dont l’auteur est RUN.

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« Angelino, un jeune loser comme des milliers d’autres à Dark Meat City squatte une chambre d’hôtel miteuse dans le quartier latino de Rios Rosas avec son pote Vinz et enchaine les petits boulots. Ses journées se traînent en de monotones zappings télé. Heureusement il y a ces matchs de catch mexicain dont il est fan. De jobs foireux en discussions métaphysiques sous les étoiles avec son pote, son quotidien s’égrène lentement jusqu’à un banal accident de scooter. Angelino va alors plonger dans un ouragan d’ennuis inimaginables, impliquant hommes en noirs surarmés, gangs de toutes sortes, catcheurs justiciers mexicains et même des entités cosmiques vicieuses aux buts mystérieux ! »

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Run nous transporte à la frontière Mexicaine où l’on suit l’aventure d’Angelino et Vinz. Reconnaissables par leur physique hors normes, ils traversent les quartiers et côtoient la mafia, les gangs et autres groupes de personnes très fréquentable … ou pas ! Drôle, graphiquement marqué par les arts de la rue, cette BD est pour les amateurs du genre ! On oscille entre des parties colorées, ainsi que d’autres en noir et blanc. Il y a même, à la fin du bouquin, des dessins supplémentaires en pleines pages (et pas uniquement en BD) qui offrent une vision autre et plus détaillée des personnages.
Perso, j’adhère totalement ! Si en BD je suis habituellement plus fana de fantasy ou de mythologie, Mutafukaz a été un véritable coup de coeur ! Je ne suis pas prête d’oublier ce périple littéraire.

Retrouvez Mutafukaz sur la toile !

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Vinz

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Angelino

 

Pixar à Paris

11 Déc

 » Je viens à peine de vous rencontrer et je vous aime déjà !« 

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Les photos étant interdites dans l’expo aucune d’entre-elles n’est de moi

L’expo Pixar du MOMA pour les 25 ans du studio d’animation est en ce moment et jusqu’en Mars à Paris. Alors c’est pour cela que ce week-end je me suis rendue à Paris en grande hâte. Et j’en ai eu plein les yeux !

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Rémi

C’est au travers de plusieurs œuvres que Pixar nous dévoile le processus de création de ses chefs-d’œuvres de l’animation. L’exposition nous offre à voir des croquis, des sculptures, des story-boards, des sketchs … Aux crayons, à la gouache, à l’acrylique, à l’huile, aux pastels, au fusain ou encore de manière numérique. Pixar nous montre aussi quelques collage, mais ce n’est pas ce que j’ai préféré personnellement.

Les œuvres choisies pour l’exposition sont :

– Ratatouille
– Le Monde de Nemo
– 1001 pattes
– Rebelle
– Les Indestructibles
– Toy Story
– Là-Haut
– Monstres et Compagnie

Avec l’aide de ces exemples, le directeur de création du studio choisit d’articuler la visite autour des trois concepts fondamentaux à la création d’un film d’animation : les personnages, l’univers et le récit.

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Woody et Buzz

Enfin deux « attractions » nous sont proposées :
le zootrope, qui est un principe d’animation datant de 1867. On crée l’illusion du mouvement des images par la rotation d’un cylindre où se trouve des images fixes. Ici on vous propose de voir une animation de Toy Story.
l’artscape qui m’en a mis vraiment plein les mirettes. C’est une installation audiovisuelle qui nous propose une véritable plongée dans l’univers de Pixar au moyen d’un écran panoramique. Les images utilisées sont celles vu tout au long de l’expo et c’est merveilleux de les voir s’animer sous nos yeux enfantins.
J’ai découvert Le Monde de Nemo aux pastels, c’est simplement merveilleux. Tout comme la scène de Là-Haut où la maison s’envole, toujours au pastel : le rendu est incroyable. Je n’imaginais pas avant cela que le pastel pouvait avoir un tel rendu.

On sort de cette exposition avec une moue joyeuse et un regard étoilé.

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Pixar, une belle et grande famille

Disons somme toute que je rentre de ce weekend avec des paillettes dans les yeux et sur le dos d’une licorne dans un monde fait de pâtisseries !

Street Culture n°4 : conclusion personnelle

17 Mai

Dès l’exportation du Hip-Hop en dehors des États-Unis on peut dire que le mouvement s’ouvre et se démocratise. Il n’est plus réservé aux noirs des ghettos. Lors de son arrivée en France, ce sont les populations vivants dans les quartiers dits « défavorisés », les immigrés qui prennent les rennes des différentes disciplines du hip-hop. En Effet, même si le graff est réservé aux plus « bourgeois » (car c’est une réalité, il faut pouvoir se payer les bombes), le rap et le break eux restent presque exclusivement pratiqués par les gens des banlieues des grandes villes.

Pour qui est cet art, qui le voit et qui le regarde ?

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à Lyon

Si ce sont les gens issus des quartiers qui sont les acteurs de ce mouvement, ce sont également eux qui l’apprécient. Lorsque les artistes couchent leurs peintures sur les murs plus que sur de la toile c’est pour que chaque passant puisse la voir. Le désir d’en faire un art universel est très présent dans leur idéologie. Malgré cela c’est chose courante de passer devant ces graffitis sans même y faire attention. Seul un œil averti  pourra déchiffrer ce qui est indéchiffrable pour beaucoup (lettrage difficile à lire). Ce besoin d’expertise a renversé la tendance et a fait en sorte que le graff soit un genre artistique à part entière. Aujourd’hui il est courant de voir des libres commentant les tags au même titre que les autres peintures.

La danse et le rap quant à eux sont devenus des arts populaires. Des centaine de personnes de tous horizons viennent voir des entraînements publics de hip-hop en plein cœur des villes. Enfin pour ce qui est du rap, avec internet notamment, les musiques se diffusent très vite. Et même si certains groupes restent cloîtrer dans leur quartier ou de leur ville beaucoup s’exportent. C’est notamment le cas de Médine, issus du Havre avec son groupe Ness et Cité puis La Boussole, est aujourd’hui une «pointure » en matière de rap français. Le rap est devenu un des genres les plus en vogue.

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Médine

Le hip-hop est donc pour tous, ouvert à celui qui souhaite s’initier tout en restant un art de la rue, fait par et pour une population urbaine.

Si le hip-hop est surnommé le « street art » ce n’est pas pour rien, et il faut donc le prendre comme un art qui s’inscrit dans les villes. Il serait beaucoup moins intéressant de graffer un abris-bus de campagne qu’un mur en plein centre d’une ville. De par son histoire même, on remarque le lien étroit que ce mouvement détient avec la ville : ils ne font qu’un. Le hip-hop ne serait rien sans ce que lui fournit la ville. Des lieux sont détournés et mis à profit de la pratique de la danse, du chant ou du graff. Parmi ces lieux on peut penser aux bâtiments publics qui font régulièrement office de piste de danse (allez voir l’opéra à Lyon ou la gare de Rouen, ça vaut le coup !) ou encore un bon nombre de murs qui deviennent des œuvres d’art pour certains et du vandalisme pour d’autres…

Pour ce qui est de l’art, seul le contemplateur peut faire son choix. Et je terminerais sur une phrase que l’on peut donc méditer:

« Rap is the business, hip-hop is the culture. »

(Le rap est le business, le hip-hop est la culture.) Grandmaster Flash

Street Culture n°3 : Le graff’

10 Mai
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Photo depuis les quais de Dublin

Le graffiti est l’expression graphique du street art. Depuis l’antiquité ce mode de communication existe avec par exemple des graffitis sur les murs de Pompéi. Actuellement ce ne sont plus des gravures dans les murs mais on utilise les bombes de peintures. Ce mouvement est né sur les murs du métro de New-York. On pouvait y lire des noms et des messages. En 1973 un journal new-yorkais lance un concours du plus beau graff sur les rames du métro. Toutefois depuis la fin 1970, ces actes sont réprimés. Cela n’empêche cependant pas l’exportation du graff en Europe à la même période. Les graffeurs commencent à dessiner sur les murs des ghettos. Le style se fige de plus en plus, on standardise les caractères: les bulles, le « wild style », le flop (qui consiste à peindre tout un dessin en une fois), ou le « block letter » (qui consiste en un dessin de chaque lettre l’une après l’autre, bien distincte et généralement le mot ou la signature prend un pan de mur rien qu’à elle). On s’organise en crew là aussi pour peindre de plus grands graffitis, de plus grande surface et de manière plus rapide.

 On observe plusieurs méthodes. Certains utilisent uniquement la bombe, d’autres préfèrent le collage ou encore le pochoir. Pour dessiner ces œuvres, le graffeur a besoin d’un matériel spécifique tel que la bombe aérosol. Parfois le graffeur utilise des caps qui sont des valves de diamètres qui varient en fonction du résultat désiré. Ces caps sont amovibles et permettent une régularisation du débit de la peinture. En effet en fonction de la grosseur du trait il est conseillé d’avoir un fat cap pour obtenir quelque chose d’épais ou au contraire un skinny cap pour un trait plus fin.

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Frise prise à Cork : The Pana Shuffle de Anthony Ruby

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Exemple de collage vu à Dublin

 Le graffiti, de nos jours s’expose même à Beaubourg. Plus la peine de courir la nuit avec un sac plein de bombes aérosols pour être un graffeur. Cet art peut-être légal. Prenons un exemple rouennais, celui d’Ecloz. Au départ « taggeur » sur des murs, dans des usines laissées à l’abandon et actuellement détenteur d’une galerie d’art. Il dessine les devantures de magasins, il expose ses œuvres, customise du mobilier… On remarque donc que l’on peut faire du graff sans être exposé au « vandalisme » comme certains le voient. Il existe également des murs légaux mis à disposition des graffeurs. Le problème? Pour ce qui est d’Ecloz beaucoup d’autres graffeurs « old school » le voit comme un « traître », quelqu’un qui a oublié que le graffiti est un art de la rue et non un art qui est figé dans un musée. Le graff peut-être soumis au jugement d’autres graffeurs qui regrafferont par-dessus le cas échéant pour montrer leur mécontentement. Mais au final, le graff dans la rue, il faut l’apprécier sur le moment puisque nous le savons « le graffiti est un art éphémère » et non pas un tableau de musée.

Et quand Banksy s’invite au musée de Bristol ça donne ça :

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Juste un point, perso j’ai une adoration toute particulière pour Banksy (comme beaucoup me direz-vous). Je conseille vivement de lire Guerre et Spray ainsi que de visionner Faîtes le mur. Un bon moyen de comprendre les motivations de certains graffeurs. Attention, en aucun cas je ne conseille d’acheter ! Banksy est contre le capitalisme, contre la société de consommation ! Aller donc emprunter le bouquin (je suis contre le vol) ou télécharger le film.

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Street Culture n°1 : Historique du hip-hop et la pratique du rap

26 Avr

« Quand je dis Hip vous dîtes Hop, hip-hop, hip-hop », qui n’a jamais entendu cette phrase que clament haut et fort les rappeurs sur scène ? Le hip-hop ou plus globalement le « street art » est un mouvement artistique qui regroupe plusieurs modes d’expressions que sont le chant ou rap, le dessin ou graffiti, la danse ou breakdance. Ce mouvement, né dans les années 1970 à New-York dans le Bronx, est un héritage afro-américain. En effet, il émerge du jazz, du soul et débute lors des soirées dans les ghettos et que l’on nommait « Block Party ». Un Disc-Jockey passait de la musique tandis que les gens, habitants dans le quartier, dansaient. Les chansons leur semblant trop courtes, Kool Herc (Clive Campbell) eu l’idée de rallonger la musique en diffusant la même chanson en décalée sur deux tournes disques différents branchés ensembles. Le hip-hop est né !

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Afrika Bambaataa

Afrika Bambaataa qui est un musicien américain diffuse ce mouvement grâce à son groupe qui se nomme Universal Zulu Nation. Ce même Afrika Bambaataa est à l’origine du breakdance qui commence dans le South Bronx dans le but d’éviter les affrontements sanglants entre les gangs. Il désire faire en sorte que les jeunes de son quartier utilisent le hip-hop comme un moyen de s’en sortir en dehors des gangs. Avec la Zulu Nation il va exporter le hip-hop en Europe et notamment en France en 1982 lors de la tournée New York City Rap auquel il participe et qui permet une présentation du mouvement. Puis en 1984, TF1 diffuse l’émission H.I.P.H.O.P., c’est d’ailleurs la première émission au monde à être centrée sur ce sujet. Puis dans les années 1990, c’est l’apogée du hip-hop en France avec des groupes tels que NTM, IAM, Ministère A.M.E.R., ou encore le célèbre Master Of Ceremony MC Solaar. Depuis, la France s’est fait sa place dans le hip-hop et le mouvement français est second derrière les États-Unis.

Une petite explication de chacune de ces disciplines s’impose :

1.   Le Rap

Le rap est l’expression musicale du hip-hop. Il émerge dans les années 1970 dans le South-Bronx et à Brooklyn, ghettos américains où vivait la population noire. Il consiste à scander des paroles pour revendiquer et communiquer le mal-être et les problèmes qu’ils vivent au quotidien. Il se pratique sous sa forme la plus minimale: un micro, une platine et quelques vinyles. Il y a un MC (Master Of Ceremony ou Microphone Controller) et un DJ. Le MC qui chante rappelle la culture africaine où le chant prend une place majeure dans les célébrations et dans les histoires ancestrales que l’on conte. Le succès du rap arrive avec les morceaux : Rapper’s Delight du Sugarhill Gang en 1979  The Message de Grandmaster Flash en 1982  et Planet Rock, la même année de Afrika Bambaataa.   Avec ces trois premiers tubes on assiste à un succès planétaire et le rap sort enfin de New-York pour arriver en France. Il faut attendre une dizaine d’années pour qu’un rap franco-français fasse son apparition. Depuis les années 1990 on voit également que la démocratisation du celui-ci passe par l’arrivée de rappeurs blancs tel que le chanteur Eminem aux U.S.A. Le rap devient aussi une opportunité pour le show business, une nouvelle façon de se faire de l’argent.  Aujourd’hui le rap n’est plus autant critiqué. Il est moins contestataire, moins violent. Il s’adapte à son public et devient commercial. Le rappeur ne cherche plus à se battre contre un autre rappeur, il dénonce toujours sans pour autant chercher de solution. Des textes violents de NTM  on passe aujourd’hui aux textes plus calmes de Hocus Pocus.  Bien sûr le rap reste contestataire, et celui véhiculé par 113 notamment comporte des paroles « anti-blanc », une dénonciation qui frôle la haine raciale, des mots qui s’emportent contre la police, une apologie de la drogue et du sexe. Certains concerts se voient annulés pour les raisons citées précédemment. Les autorités craignent bien souvent des débordements incontrôlables. Mais comme le dit la chanson de MC Jean Gabin, « je t’emmerde », qu’est ce qui est vrai dans ces paroles ?  Quelle est la partie créée et la réalité du rappeur en dehors du show business ? « Des squattes tu en as que l’odeur, t’es rien d’un assassin, enfance dorée », « authentique sur le papelard », « y en a qui ont que l’emballage et pas le contenu », « la syphilis dans le rap ça fait bizarre, pour bronzer t’as eu besoin d’une passoire ». Dans ses paroles MC Jean Gabin dénonce tous les mensonges de certains rappeurs les plus connus aujourd’hui (NTM, Sully Séphyl, Rohff, Booba, Lord Kossity …) afin de rappeler que leurs vies ne sont pas si horribles que leurs paroles le laissent supposer, que prôner la haine et l’injustice est une chose, encore faudrait-il la connaître et vivre ailleurs que dans le luxe et dans l’argent. Ces rappeurs n’ont rien à voir avec ceux qui ont créés le mouvement, ce ne sont que des « artistes » que le show biz attire ! Ils ne connaissent que l’argent, les voitures de luxes et les filles en bikini.

Le rap original est-il mort ?

Je vous laisse réfléchir avec un bonus ancré dans la Street Culture.

 

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