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La « Polina » de Bastien Vivès

15 Nov

C’est un de ces livres que je voulais « posséder ». Je l’ai lu, de ci de là, en librairie pour voir ce qu’il valait comme j’aime lire un premier chapitre de roman pour me mettre l’eau à la bouche. J’avais déjà lu d’autres ouvrages de Bastien Vivès chez ma coiffeuse (oui, ma coiffeuse a de très bons goûts !). Et je me suis décidée à l’acheter pour pouvoir le déguster en privé. Et je n’ai pas été déçue avec la magnifique Polina !

Polina Oulinov

Polina Oulinov

Un rapide résumé de la situation : on suit l’histoire de la jeune danseuse russe Polina Oulinov, de son entrée à l’Académie Bojinski à 6 ans, jusqu’à l’approche de la trentaine, à travers quelques épisodes dansés de sa vie. On traverse sa vie pleine de rebondissements, de la petite fille très douée qui auditionne pour entrée à l’école de danse à la chorégraphe et femme en voie d’accomplissement.
C’est une belle réflexion sur l’art et la discipline qu’on peut lire, ses rapports avec en gros le reste du monde, le plus souvent avec le mode de la danse et tout particulièrement ses relations avec un de ses maîtres d’une extrême rigueur : le professeur Nikita Bojinski.

Le personnage de Polina m’a beaucoup plu, j’aime vraiment cette personne. Et pour moi, c’est assez important, pas forcément de se reconnaître dans un personnage, mais de l’apprécier et de reconnaître la justesse de son caractère dans certains moments. (Un peu comme Scarlett O’Hara : je ne voudrais pas lui ressembler, mais contrairement à plusieurs critiques, je ne la déteste pas.) Et je crois qu’en l’occurrence, Polina est une belle personne, une personne juste, pleine d’instinct et d’éthique sans militantisme ; qui essaie de mener sa vie pour elle simplement.

Apprécier le personnage me permet aussi de mieux considérer le travail de l’auteur. Je suis plus à même d’en remarquer la beauté et le sens. La finesse du trait, sa concordance avec l’histoire racontée. La légèreté du trait rend bien compte du contexte dans lequel vit Polina ; la danse classique n’y est vue ni pompeuse ni minimaliste.

Habituellement, je ne suis pas attirée par les travaux en noir et blanc, mais je trouve que Vivès a su se concentrer sur les détails adéquats, les émotions, les sentiments qui ressortent de chaque mouvement, chaque interprétation. Le corps est bien dessiné et bien mis en avant. En lisant, j’ai ressenti des mouvements comme si j’étais Polina et tout particulièrement sur les dessins des omoplates, de l’extension du dos, du port de tête altier.

Tout est dans le port de tête

Tout est dans le port de tête

Certaine critiques ont trouvé « trop facile » de se limiter à quelques traits. Mais je trouve au contraire que ça a été une bonne décision, que les traits et les moments mis en valeur le sont à juste raison. Par exemple, on peut lire deux pages sans y voir un seul œil dessiné, et tout à coup, les yeux apparaissent dans la dernière case. Et c’est révélateur de l’aveuglement de la situation dans laquelle Polina se plaçait ; c’est le moment où elle ouvre littéralement les yeux. Et perso, je trouve ça poétique. Ou encore, Bojinski enlève ses lunettes très tardivement dans le livre ; c’est justement à ce moment que les barrières tombent et qu’on sent un rapprochement entre les personnages.

C’est aussi à travers la gestion du temps qu’on peut passer un bon moment. Sans lourdeur, Vivès a plusieurs fois recours à des ellipses temporelles, mais qui, bien que subites, semblent à chaque fois naturelles. On a pas l’impression d’assister seulement à l’accumulation de moments clé de la vie de Polina. C’est plus une impression diffuse sur ce qu’elle ressent à travers ces différents événements. Chaque passage se fait, non pas en douceur, ce serait mentir sur le caractère de Polina, mais de manière juste. Et cela reflète bien la personnalité et la vie de Polina. A chaque relecture du livre (oui, je lis, relis et re-relis ), je suis heureuse du moment que je viens de passer au milieu de cette vie que je n’ai pas. C’est un beau moment que nous offre Bastien Vivès à mon avis.

Muze "Danser sa vie"

Muze « Danser sa vie »

Et ce sont de beaux moments qui s’annoncent ensuite quand on fait quelques recherches pour en savoir plus, en avoir plus. Fidèle lectrice du magazine « Muze« , je me suis replongée dans le numéro d’hiver 2012 sur « Danser sa vie » avec un entretien particulier de Bastien Vivès. J’ai découvert un reportage Arte sur la danseuse classique Polina Semionova. C’est en la voyant danser que Vivès a trouvé son inspiration pour appuyer son trait. Dans le documentaire, j’ai vraiment ressenti cette même légèreté et cette même profondeur en voyant sa « muse ». On reconnait sa silhouette, jusqu’à la pointe de l’oreille !

Et pour couronner le tout, « Polina » est aussi un projet qui s’inscrira bientôt sur les grands écrans ! La réalisatrice Valérie Müller adaptera à partir de janvier prochain la BD en partenariat avec le chorégraphe Angelin Preljocaj. J’avais eu la chance de voir son « Blanche-Neige » avec les costumes de Jean-Paul Gaultier, superbe moment surtout la scène finale de danse ensommeillée, les yeux fermés… Le tournage se fera entre Moscou, Anvers et Aix-en-Provence pour une sortie en salle en septembre 2015.

Hâte de voir tous ces morceaux de vie dansés mis en scène !

« Polina » de Bastien Vivè, KSTM 2012.

LéaElleL’a

Street Culture n°2 : Breakdance

3 Mai

Le breakdance est la partie dansée du hip-hop, elle se développe au même moment et au même endroit que le rap, par les mêmes personnes, par la même « population ». Ce propos reste à nuancer par le fait qu’un second foyer de hip-hop se serait développé sur la côte Ouest durant les années 1970. La spécificité de cette danse reste son côté acrobatique effectué par le breakdancer également nommé B-boy ou B-girl. A l’origine créé pour stopper les conflits entre les gangs, le breakdance est donc un symbole de paix et de respect de l’autre. On ne se combat plus par les armes mais dans des combats de danse. On ne fait plus parti d’un gang mais d’un crew, on garde tout de même l’esprit de groupe, d’appartenance. Ce « combat » s’exécute sans toucher son adversaire.

Au départ cette danse se base sur des imitations de publicités connues et la répétition d’un geste. Par exemple, le danseur pointe du doigt comme le fait l’Oncle Sam sur l’affiche. Le breakdance s’inspire de chansons de James Brown et reprend les danses de l’époque en les modifiants.

En 1982 le breakdance arrive en France et dès 1984 se démocratise avec l’émission H.I.P.H.O.P qui est composé d’un jury de B-boys. C’est cette même année que le groupe Aktual Force (premier groupe n’incluant que des français) se compose.

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image trouvée sur Tumblr

Qu’est-ce que réellement cette danse ? Comment se déroule une « battle » ou combat de danse ?

Un danseur se présente au centre d’un cercle que forment les autres B-boys, il effectue quelques pas pour s’échauffer et pour « saluer » son public en quelque sorte. Ensuite il exécute ses figures (au sol ou non). Le but étant de montrer son habilité, sa force et sa rapidité. Chaque crew ou groupe passe tour à tour pour montrer leur danse. Au terme de la battle le public choisit en applaudissant (ce qui est similaire pour les clashes entre rappeurs). Depuis les battles se sont organisées, officialisées et les arbitres ainsi que les juges ont remplacé les applaudimètres. Depuis les années 1990 et la démocratisation du hip-hop on voit un grand nombre d’écoles de danse proposer le « hip-hop » parmi leur choix de danses (on ne trouve pas de cours de « breakdance » à proprement parlé). Cette danse leur apporte une nouvelle clientèle toujours plus nombreuse et venant de tous les milieux. Mais même si nous disposons de cadres légaux et d’encadrements pour ces disciplines, il reste beaucoup de personnes souhaitant préserver les valeurs premières de cet art et du mouvement hip-hop en l’apprenant et en le pratiquant dans la rue.

Un petit +

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